Le Monument de Moulin-Brûlé

 

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Propriété de la Fédération Nationale du Train, ce monument est le site mémoriel majeur de l'Arme du Train et un haut lieu du souvenir de la Première Guerre Mondiale, ouvert et accessible à tout le monde.

 

Comment y arriver ? 

 

En quittant l'autoroute A4 en venant de Paris peu avant Metz, à la sortie Verdun, vous emprunterez la Voie Sacrée et, très vite, vous  aperceverez au loin le monument de Moulin-Brûlé.

 

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Il est implanté sur la commune de Nixéville-Blercourt (55120),   Image5

à proximité immédiate du départ de la Voie Sacrée.                         

 

 

 


 

 

 

 

 

 

     

 

 

         Vous pourrez vous garer et y accèder aisément.

 

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Si vous voulez en savoir plus sur ce monument, vous trouverez ci-dessous :

-ce qu’il commémore 

-l'histoire de sa création

-son présent.

 


Ce qu’il commémore : l’action des Tringlots sur la Voie Sacrée 
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Le 21 février 1916, l’enfer se déchaîne sur Verdun en vue d’anéantir l’Armée française. Pour défendre sur le long terme la place forte emblématique, la question du ravitaillement est primordiale. Les lignes de chemin de fer sont en partie détruites par l’artillerie allemande. Seul le « Meusien » de faible capacité peut encore fonctionner et les 75 km de la départementale de Bar-le-Duc à Verdun sont encore praticables.

Pour réguler l’immense trafic qui va vite engorger cette petite route, la décision est prise de créer une commission régulatrice routière Automobile (CRA) qui sera maître de la route. Le capitaine Doumenc prend alors l’engagement formel d’effectuer des transports journaliers portant sur un minimum de 2000 tonnes de vivres et munitions et de 12 000 hommes.

Cette route que la CRA va tenir pendant onze mois entre dès lors dans l’histoire de la Grande Guerre. Au 25 février, les forces du Train des équipages représentent 3 500 camions, répartis en 51 groupes auxquels il faut ajouter 2 000 voitures de tourisme, les sections de ravitaillement de vivres frais, 800 voitures des sections sanitaires, les camionnettes du Génie et de l’Artillerie. Le total représente près de 9000 véhicules.

Le maintien sans arrêt, jour et nuit, de 6 000 passages quotidiens de camions sur un même point (soit un véhicule toutes les 14 secondes, cadence portée par moment à un véhicule toutes les 5 secondes) va jeter dans la bataille quelques 2 400 000 hommes de relève et de renforts et plus de 1 000 000 de tonnes de vivres, de munitions et de matériaux de tranchées. Les conducteurs resteront parfois au volant de 40 à 50 heures d’affilée.

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La Genèse du monument de Moulin-Brûlé

Aux origines

L’idée d’une stèle, érigée « quelque part sur la Voie Sacrée » ne date pas d’hier. Bien avant 1939, des Amicales du Train des 6ème et 20ème Régions Militaires (Nancy, Metz, Epinal, Dieuze, Toul, Sainte-Ménehould) en avaient à maintes reprises émis le vœu.

Vers 1935, les Officiers de réserve de la Meuse proposent la ville de Bar-le-Duc elle-même, siège en 1917 de la 1ère Commission Régulatrice Automobile. Cette ville « cocardière et militaire » se montre très favorable à l’idée, mais le projet n’a jamais de suite.

C’est en janvier 1961 que l’idée s’en fait jour à nouveau, sur l’initiative du général Pats, Commissaire général aux transports (COMIGETRA). Le 18 février 1961, le Conseil d’Administration adopte le projet et le porte à l’ordre du jour de la prochaine AG. C’est donc le 7 octobre 1961 que l’Assemblée Générale décide de la création de cette stèle qui doit  être inaugurée en 1966 à l’occasion du cinquantenaire de la bataille de Verdun.  

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Les présidents Bézard de Nancy et Jaggi de Metz sont chargés de préparer les bases de cette réalisation. En février 1964, le conseil d’administration fait un premier point des démarches entreprises au plan local. Le projet est lancé.

Le 3 décembre 1964, le bureau de la FNT MOM met au point les modalités de réalisation de ce monument, qui, de stèle, est devenu entre-temps un Mémorial. (Décret paru le 31 janvier 1966). Un comité d’organisation est alors créé, qui doit procéder à la réalisation effective.

Le choix du lieu 

quelque part entre Bar-le-Duc et Verdun, sur l’ancienne Nationale 3, puis déclassée départementale, aujourd’hui reclassée N.V.S. (Nationale Voie Sacrée); l’idéal de l’emplacement serait non loin du carrefour de la route Bar-le-Duc / Verdun (Voie Sacrée) et de la route Paris / Verdun-Metz (Voie de la Liberté), plutôt sur une butte, pour qu’on le voit de loin et si possible en fin de boucle des véhicules montants et en début des véhicules descendants (le fameux tourniquet).

Sur la commune de Nixeville, le lieu-dit Moulin-Brûlé apparait tout à fait adapté.

 

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L’acquisition du terrain 

 Le 29 avril 1966, devant Maître Paquin, notaire à Verdun-sur-Meuse, la vente de ce terrain par M. Bienaimé, agriculteur de son état et maire de Nixeville, après accord de son Conseil Municipal, est actée pour un franc symbolique, payé comptant entre les mains du Receveur Municipal de la commune venderesse, au profit de la F.N.T M.O.M, représentée par M. Jaggi, de Metz.

C’est un terrain de 9 ares et 97 centiares (partie vendue) dans une parcelle de plus de 5 hectares (partie réservée).

La recherche d’un architecte 

L’architecte de Nancy, M. Parizot,, le premier contacté, propose un sculpteur dont les 2 projets successifs ne correspondent pas aux buts recherchés. Il est alors demandé à M. Barrois, de Commercy, de présenter au Comité d’organisation un projet qui, d’emblée, reçoit l’agrément du comité d’organisation. Après l’aval de la Commission des Monuments, la phase réalisation commence sous le pilotage des cabinets d’architectes Schmitt de Toul, et Barrois de Commercy.

 La réalisation

Les travaux durent 6 mois et sont quasiment achevés en fin d’année 1966 : le sculpteur Barrois Jean (le fils) pour la frise; le gros œuvre de maçonnerie avec l’entreprise Porrini d’Ancemont; les agents des Ponts et Chaussées pour l’aménagement du parking et l’aide des militaires (circulateurs de la CCR 220 de Montigny-les-Metz, Génie Travaux du 2ème RG de Metz et main d’œuvre du CIT 516 de Toul) pour divers travaux de gros œuvre et de « fignolage ».

 

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L’architecte choisit la pierre d’Euville, jolie pierre meusienne, pour le matériau essentiel en élévation. Pour les dallages, la pierre de Massangis a été retenue, pour sa très bonne résistance en revêtement horizontal, également pour sa coloration ocrée/jaune, qui met bien en valeur le blanc et les cristaux d’Euville. La partie marbrerie est assurée par Jean Barrois.

Descriptif du Monument   

Il comporte une colonne de 10 mètres (verticalité souhaitée pour souligner à la fois le cœur de l’effort et l’élan de la foi dans la survie vers la victoire), supportant la roue dentée et ailée du Train ; un mur de 2,50 mètres de haut, en arc de cercle de 16 mètres, orné de bas-reliefs rappelant l’épopée de cette route et du Train.

                                                

                                                                       

Tous les symboles doivent y être représentés : d’une part le rail avec le « Meusien » et sa locomotive héroïque 3633 série 11 avec son nuage de fumée et de vapeur; d’autre part la route avec le Train hippomobile, routier (camions et sanitaires) et ses régulatrices routières; enfin les troupes et les munitions transportées.

 

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 L’ensemble doit montrer d’emblée aux yeux des visiteurs que ce monument est militaire. Il faut donc y inclure, au sommet, un motif en rapport : une roue dentée sur laquelle gisent deux canons entrecroisés (Artillerie) et une grenade (Infanterie), d’où s’élancent deux ailes stylisées du Train moderne, hommage des Jeunes du Train à leurs Anciens.

 

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Par ailleurs, l’inscription suivante doit absolument y figurer : « Voie Sacrée 1916 – Aux soldats du Service Automobile du Train et du Service Militaire du Chemin de Fer ». Enfin, un parking devra être prévu en contrebas, d’où les visiteurs pourront gagner le monument par une voie pentue réservée aux piétons.

Le financement 

 Une véritable campagne est déclenchée dès 1965 pour solliciter dans tous les horizons des appuis financiers. La FNT reçoit des dons de nombreuses sociétés ou organismes comme :

  • les Chambres Syndicales des Constructeurs Automobiles, des fabricants d’équipements, du Motocycle, la Prévention Routière, le Touring Club et l’Automobile Club de France, la SNCF, l’Argus de l’Automobile, Berliet, Fiat, Peugeot, Kleber Colombes, la Société CAMP, la Saviem, les fonderies de Pont-à-Mousson, Esso Standard, Match, l’AOCF… ;
  • des collectivités locales qui apportèrent leur concours, la municipalité d’Epinal, ; les Conseils généraux de la Moselle, de la Meuse, de la Haute Marne, de la Meurthe et Moselle, de la Marne ; le ministère des Anciens Combattants …

Et surtout une vaste collecte/souscription est menée avec l’aide de l’Inspection du Train dans toute l’Arme du Train, et tous les tringlots, qu’ils soient d’active ou de réserve, apportent leur obole, et permettent de réaliser cette œuvre magnifique.

 

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L’inauguration 

Elle a lieu le dimanche 14 mai 1967, en présence de très nombreuses autorités civiles et militaires, parmi lesquelles

 

le représentant du ministre des Armées M. Messmer; M. Paolini, préfet de  Meuse et le représentant du Ministre des Anciens Combattants M.Duvillard,

le général Boucaud, président d'honneur de la FNT et le colonel Hanseler, nouveau président, le général Dubois, Inspecteur du Train, 

M. Krieger, sous-préfet de Verdun; M. Beauguitte, député maire de Verdun; M. Bienaimé, maire de Nixeville

 le colonel Jolly, conseiller général et maire de Souilly; le général André, commandant la 61ème DMT de Nancy; le général Pats, représentant le Ministre des Transports (COMIGETRA),

les généraux Lallart, de Montjamont, Noël, Elgozy, Gamet, Bruch, Marchand, Roumanet, Renvoyer, Villeneuve, Marcajous, Dunat.

et un public venu en nombre.

 

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L’école du Train est présente avec son étendard et un détachement. Les troupes sont  aux ordres du colonel commandant le CIT 156 et comprennentt, outre un détachement en armes du CIT 156, les 60 fanions des unités du Train, la musique du 151ème RI de Metz et les trompettes du 1er Train. Le colonel Jones représente l’Armée américaine.

 

Le 22 mai 2005 est installée une table d’orientation permettant de resituer par temps clair la Voie Sacrée dans le décor/panorama des Côtes de Meuse.

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Le monument de Moulin-Brûlé aujourd’hui

 

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Ce monument est propriété de la FNT qui s’assure de son bon état général et effectue les démarches relatives à son entretien et sa rénovation régulière qui s’avère nécessaire du fait de l’usure normale et des aléas climatiques auxquels le monument est exposé.

Sur place, la FNT est reconnaissante à l’Amicale des Anciens du Train de Verdun et Meuse pour l’attention constante qu’elle porte au monument. L’action d’un de ses présidents, le colonel Mangenot, aujourd’hui décédé, est particulièrement à souligner. En sa mémoire a d’ailleurs été créé le square Mangenot en 2017.

Les collectivités locales (Communauté de communes, commune de Nixéville-Blercourt) apportent également une contribution très appréciée à son entretien régulier.

 

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Haut lieu de mémoire pour l’Arme du Train, il donne lieu régulièrement à des cérémonies militaires, notamment la « Journée Voie Sacrée » qui rassemblent autour des étendards des régiments les Tringlots d’active et leurs anciens pour des moments importants et émouvants de souvenir et de cohésion.

 

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Le monument est libre d’accès au public et voit passer régulièrement des visiteurs intéressés par l’histoire militaire de notre pays.

 

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Date de dernière mise à jour : 13/10/2022